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Les compositrices et compositeurs invités 2021

Betsy Jolas

Fille d’une traductrice et d’un poète et journaliste, Betsy Jolas est élevée dans un milieu artistique et littéraire : elle croise souvent de grands écrivains chez elle, tels que James Joyce et Ernest Hemingway. Ses parents quittent Paris pour s’installer à New York en 1940. Inscrite au Bennington College, elle étudie l’harmonie et le contrepoint avec Paul Boepple, l’orgue avec Carl Weinrich et le piano avec Hélène Schnabel. Betsy Jolas intègre également le « Dessoff choir » grâce auquel elle sera vite initiée à la musique de Roland de Lassus et des polyphonistes du 16ème siècle. De retour à Paris en 1948, elle continue ses études musicales au Conservatoire de la ville, notamment sous la direction de Darius Milhaud et d’Olivier Messiaen (elle remplacera ce dernier en 1971).

Évènement majeur dans son parcours musical, elle découvre dans les années 1950 les Fünf Stücke op.10 de Webern ; elle se familiarise ainsi avec l’univers musical d’avant-garde des compositeurs comme Pierre Boulez et Karlheinz Stockhausen. Fortement influencée par les oeuvres de ces derniers, elle résiste néanmoins à toute prise de position stricte, notamment sur le sérialisme, un courant qui fascine alors toute une nouvelle génération de compositeurs. Indépendante, Betsy Jolas s’éloigne progressivement des normes du rythme et de la pulsation prônées par ses contemporains en instaurant une fluidité tant rythmique que mélodique dans sa musique. Fascinée par le contrepoint, les timbres inhabituels, la voix et ses qualités expressives, Betsy Jolas s’intéresse également à l’idée de rendre flou la frontière entre la voix et l’instrument : elle se concentre progressivement sur l’expérimentation de la « vocalité » dans toutes ses oeuvres, même purement instrumentales.

Betsy Jolas affirme néanmoins ne pas vouloir « rejeter » un passé musical mais plutôt s’en inspirer, en y ajoutant sa propre expression musicale contemporaine. Compositrice mais aussi professeur, Betsy Jolas est nommée titulaire des classes d’analyse en 1975 et de composition en 1978 au Conservatoire de Paris, et enseigne également dans les universités américaines de Yale, Harvard, Berkeley, USC, San Diego, et au Mills College.

Édith Lejet

Édith Lejet étudie au Conservatoire de Paris dans les classes d’harmonie, d’esthétique et de composition où elle est l’élève de Jean Rivier et d’André Jolivet. Dès cette époque, elle côtoie Henri Dutilleux et Maurice Ohana, auxquels elle se sent « spirituellement apparentée ».

Elle suit les sessions d’été de composition dispensées par Virgilio Mortari en Italie et s’initie, en 1966, à la musique électroacoustique au GRM. Pensionnaire de la Casa de Velázquez (1968-1970), elle fréquente Luis de Pablo, Cristobal Halffter et assiste aux concerts et conférences du groupe Aléa.

Distinguée par la Sacem, Édith Lejet reçoit notamment le Grand Prix de la musique de chambre en 1979. L’Académie des Beaux-Arts lui octroie pour sa part le prix Florence Gould puis le prix Nadia et Lili Boulanger.

Professeur au Conservatoire de Paris jusqu’en 2005, elle enseigne la composition à l’école normale de musique de Paris Alfred Cortot. Inspiration atonale libre, finesse harmonique et maîtrise du contrepoint caractérisent son langage musical. Parmi ses oeuvres, qui témoignent d’une préoccupation constante à l’égard de la coloration et de la justesse des proportions, citons notamment : Le journal d’Anne Frank (1968-1970), Espaces nocturnes (1976), Améthyste (1990), Trois chants pour un Noël (1995), Diptyque pour orgue et cordes (2002-2003) ou L’herbier de Colette (2004-2006).

Graciane Finzi

Après des études au conservatoire de Casablanca,sa ville natale, Graciane Finzi entre au Conservatoire National Supérieur de Paris ou elle obtient de nombreux prix dont ceux de harmonie, contrepoint, fugue et composition.

Graciane Finzi utilise les instruments, qu’il s’agisse de masses orchestrales ou de solistes en tenant compte de leur individualité, puis les unit par groupes juxtaposés dont chacun possède son propre dynamisme, ses pulsions, sa couleur, son rythme de vie, multipliant ainsi les parties réelles.
La multiplicité des couches sonores va s’organiser pour former des harmonies géantes et des couleurs insoupçonnées.

Dans un langage moderne qui utilise des progressions harmoniques et chromatiques hors de la tonalité, elle établit des pôles d’attraction entre les notes; Cela guide à la compréhension d’une musique jamais abstraite mais visant l’expression immédiate de la vie et des sentiments profonds de l’homme.

Les œuvres de Graciane Finzi ont été jouées dans le monde entier par de grands solistes et orchestres (Paris, New York, Londres, Rome, Moscou, Helsinki, Vancouver, Nuremberg, Buenos Aires, Cologne, Calgary, Brême, Rio de Janeiro. Berlin, Madrid, Varsovie, Athènes, Mexico, Barcelone, Santiago du Chili…).

Marie-Hélène Fournier

Née en 1963, Marie-Hélène Fournier suit des études de piano et de composition aux conservatoires de Besançon, Boulogne-Billancourt, puis au Conservatoire de Paris.

Depuis 1983, son parcours est jalonné de rencontres avec des personnalités dans des domaines variés : musiciens, scientifiques, comédiens, dramaturges, artistes vidéo, sculpteurs parmi lesquels Claude Delangle, Guy Reibel, Serge Bertocchi, Jean-Pierre Drouet, Brigitte Sylvestre, Michel Vinaver, Georges Aperghis, Gaston Sylvestre (qui crée notamment Je suis un cerf-volant chinois, en 1998), Marcus Weiss, Michael Lonsdale, Robert Cahen, Sylvain Kassap, Guy Chouraqui, Hsiao Yin Wang (un des créateurs en 1998 à la Maison de Radio France de Promenade aléatoire discrète pour trois claviers-percussions), Francisco Ruiz De Infante, Denis Monfleur, Isabelle Van Grimde (chorégraphe qui collabore notamment en 2003 à Saetta, spectacle pour quatre danseurs, violoncelle et piano).

Sa musique est fondée sur une approche tactile du matériau musical, sur l’énergie du son et l’impact du geste. En creusant le rapport du corps et de l’instrument, elle met en jeu de nouvelles relations, geste-son ou geste-objet musical, relations qui prennent en compte les réflexes induits par l’apprentissage spécifique de chaque instrument.

Michelle Agnès Magalhae

Née au Brésil, lauréate de la bourse Unesco-Aschberg en 2003, la musique de Michelle Agnes Magalhaes explore les limites entre geste et écriture, improvisation et composition.

Elle collabore comme compositrice avec de nombreux ensembles (Abstraï, Percorso Ensemble, Arsenale, Accroche Note, Promenade Sauvage, ECCE, Bahia Blanca Soloists, Quarteto Prometeo, Flame Ensemble, Ensemble TaG Neue Musik, 20° dans le noir, Talea Ensemble, Ensemble L’Itinéraire et Ensemble Multilatérale).

Depuis 2016, elle collabore avec Béatrice Sauvageot dans des projets alliant la musique et la neurologie, et dans DysOrchestre, ensemble de musiques improvisées.

Florent Caron Darras

Aussi sensible à la musique des spectraux qu’aux musiques électroniques ou traditionnelles (notamment iraniennes et japonaises), Florent Caron Darras écrit une musique traversée par la question des modèles sonores, de l’harmonie, des ornements et des attaques, motivée jusque dans ses titres par les rapports entre l’Homme et son environnement.

Florent C. Darras a eu l’occasion de travailler à plusieurs reprises avec l’Ensemble intercontemporain, mais également avec l’ensemble Multilatérale, l’ensemble Regards, l’ensemble Muromachi (Tokyo), le quatuor Castalian (Londres), les interprètes Marie Ythier, Annabelle Jarre, Fanny Vicens, Nicolas Arsenijevic, ou les chefs Matthias Pintscher, David Reiland, Léo Warynski, Simon Proust. Sa musique a été diffusée sur France Musique et sur l’acousmonium du GRM, et interprétée à la Philharmonie de Paris, à la Philharmonie de Tokyo Bunka Kaikan, au studio 104 de la Maison de la Radio, au Centquatre-Paris, ou encore lors du festival ManiFeste (Ircam-Centre Pompidou), au festival Présences (Radio France), au festival Mixtur (Barcelone), et à l’exposition universelle de Milan. Il reçoit, durant son parcours, le soutien de la Fondation de France (Prix Monique Rollin), de la Fondation Meyer, et de la SACEM.

Liao Lin-Ni

Compositrice et musicologue taïwanaise née le 11 novembre 1977.

Lin-Ni Liao compose dans une recherche de fusion musicale et philosophique entre le temps et l’espace, entre la gestuelle physique et musicale, entre le visuel et l’auditif. En musique de chambre, elle a notamment écrit : Imamusi pour alto, guitare, saxophone basse et piano (2008) ; Le train de la vie V – Alison, pour guitare électrique et électronique (2014) ; Time of Trees I pour gestes de deux pianistes, bol bronze et ombres (2016). Ses oeuvres pour instrument solo lui permettent d’étudier les caractéristiques d’émission du son et de la résonance, à l’instar de p. 53 pour guitare (2008) et de Tty pour grand tamtam (2011).

Douée de synesthésie, Lin-Ni Liao perçoit les sons comme des lumières d’intensités différentes. Cette sensibilité l’amène à suggérer dans sa musique des jeux d’ombres et de lumières. Elle s’inspire par ailleurs de la poésie d’Emilie Dickinson, comme en témoignent notamment Poussière dans le vent pour flûte, violon, violoncelle et piano (2013) et One Bird, one Tree, commande de Radio France, pour erhu, accordéon et piano (2017).

Lin-Ni Liao est directrice artistique de TPMC, Tout Pour la Musique Contemporaine, association qui promeut la musique contemporaine par une approche interdisciplinaire et interculturelle avec un regard croisé entre l’Extrême-Orient et l’Occident.

Yumiko Yokoi

Après avoir fini ses études à l’Université Kunitachi College of Music (Tokyo), Yumiko Yokoi s’installe en Europe pour continuer sa formation d’abord au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris où elle obtient son Diplôme d’écriture, ainsi qu’un prix d’orchestration dans la classe de Marc-André Dalbavie. Parallèlement elle suit les conseils d’Allain Gaussin, puis complète sa formation en master composition-mixte à la Haute École de Musique de Genève avec Michael Jarrell, Luis Naón, Eric Daubresse, la direction avec Laurent Gay. Elle suit également le cursus de composition à l’Ircam en 2009-10.

Ses oeuvres sont diffusées sur la Radio Suisse Romande, la Radio France et la RTBT-musiq3, et jouées par l’Orchestre National de France, l’Orchestre National de Lorraine, Brussels Philharmonic, Tokyo Symphony Orchestra, Ensemble Contrechamps, Itinéraire, Ensemble Recherche, Ensemble Linea, Ensemble Multilatérale, Ensemble Matka, membres du Klangforum Wien… etc.

Elle est co-fondatrice de YProject, le duo «pianiste-compositrice» avec Yusuke Ishii.

Benoît Sitzia

Après des études de guitare classique et d’orgue, il entame un cursus de culture musicale et de composition. Il obtient plusieurs récompenses en analyse, histoire de la musique et esthétique ainsi qu’un C.O.P. (Cycle d’Orientation Professionnelle) de composition à la suite duquel il poursuit durant deux années un cursus de composition au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris.

Ses œuvres sont créées et interprétées par différentes formations en France et à l’étranger (Ensemble Intercontemporain, Ensemble Rayuela, Trio Antara, Maîtrise de Radio France, Ensemble Chromosphère, Collectif Fractales, Ensemble Orchestral Contemporain…).

Président et co-fondateur du Collège Contemporain (regroupement de compositeurs, interprètes, ensembles et musicologues), il participe activement à l’élaboration de dynamiques collectives et mutualistes innovantes tournées vers la valorisation et la transmission des pratiques musicales créatives, tant au niveau national qu’international.


Nommé Directeur général de l’ensemble Ars Nova, il oeuvre à l’évolution et au développement de cette institution historique de la création musicale. Il participe également au renforcement de la diffusion musicale en France et à l’étranger en assurant la direction des festivals de musique classique et contemporaine du Réseau SPEDIDAM ainsi que la direction artistique de la musique classique pour l’Impérial Annecy Festival en Haute-Savoie.



Convaincu de l’importance fondamentale de la pédagogie et de la transmission auprès de tous les publics, il s’investit régulièrement en tant que médiateur afin de faire découvrir et valoriser les musiques de répertoire et de création.
 Son engagement se porte également vers un soutien à l’essor de l’éco-système artistique professionnel par la sensibilisation des artistes aux outils de l’ingénierie culturelle et du portage de projets innovants. Dans cette optique, il initie et supervise, avec le soutien de partenaires des secteurs public et privé, la création de l’European Creative Academy for Music & Musicians.



Alexandre Jamar

Alexandre Jamar est né en 1995 à Paris. Après des études de piano, il débute la composition en cours particuliers avec Allain Gaussin. Il rejoint ensuite la classe de composition de José Manuel Lopez Lopez au CRR de Paris. A partir de septembre 2020, il étudie au CNSM de Paris, dans la classe de Gérard Pesson.

Sa participation à divers académies et festivals lui a permis de recevoir des conseils sur sa musique de la part de Kaija Saariaho, Philippe Leroux, Tristan Murail, Hèctor Parra ou Elena Mendoza. Sa musique a été interprétée par des ensembles tels que l’Ensemble l’Itinéraire, les United instruments of Lucilin, le duo unassisted fold ou le Moscow Contemporary Music Ensemble.

Il étudie en parallèle le chant lyrique au CRR de Paris avec Lionel Peintre et Didier Henry. Il est également titulaire depuis 2018 d’un master d’administration culturelle à Sciences Po Paris.

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